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Titre
La fin du mot tel que nous le connaissons
Auteur
Lust (Jeroen Barendse)
Date de publication

Lust (Jeroen Barendse) La fin du mot tel que nous le connaissons

Que l’on voie cela comme une destruction du langage ou comme une évolution naturelle, force est de constater que la lecture change. L’Internet est tenu pour responsable de l’émergence d’un lecteur schizophrène, remplaçant la lecture linéaire de textes longs par une visualisation instantanée, fragmentée, et par un survol effréné de l’information. Sur la Toile, le lecteur tend à balayer le contenu du regard, à naviguer de page en page et à se montrer extrêmement sélectif, en lisant surtout par une sorte d’osmose progressive. La lecture devient alors indissociable de la recherche. Désormais, notre environnement de lecture est un peu comme une ville : nous pouvons tout aussi bien y planifier un itinéraire direct vers un objectif final, ou au contraire décider d’y errer librement, en absorbant tout ce que nous rencontrons en chemin.

Nous disposons tous de notre propre base de données de mots, lesquels nous permettent de communiquer verbalement, de penser, d’écrire et de rechercher. Ce sont eux qui construisent notre langage et notre capacité à communiquer, et ce depuis la naissance du dialogue verbal, il y a quelque 20 000 ans. Bien que nous < lisions > et < écrivions > de plus en plus par l’intermédiaire d’images, nous continuons d’utiliser les mots, que ce soit pour le marquage de ces images et de ces vidéos ou pour effectuer des recherches sur Google. À mesure qu’évolueront les modes de stockage et d’affichage de l’information, les textes longs seront amenés à jouer un rôle de moins en moins important dans la vie des générations à venir, mais notre utilisation des mots, elle, restera vitale.

Sans vouloir verser dans l’alarmisme, notons qu’il est essentiel de comprendre les changements qui s’opèrent dans nos habitudes de lecture. Quand on sait que le mode de lecture basé sur le livre — tel que nous l’avons appris à l’école — a peu évolué depuis l’invention de la presse typographique il y a presque 600 ans, on est en droit de se demander si une telle méthode reste efficace en vue d’une communication d’informations au XXIe siècle, alors même que de nombreuses autres options sont disponibles. Après tout, si l’âge de pierre a pris fin, ce n’est pas parce que l’homme s’est retrouvé à court de pierres, mais bel et bien parce qu’il avait inventé d’autres outils. La lecture et l’écriture constituent des formes de communication, et comme on peut l’observer, la numérisation, l’hypertexte, les capteurs et l’interactivité contribuent à assouplir les frontières de cette communication. Le fait de s’éloigner de la lecture linéaire n’est pas forcément synonyme de déclin. Peut—être faut—il plutôt y voir, en effet, une avancée vers une sorte de lecteur capable d’accomplir plusieurs tâches en parallèle.

Même le mot < lecture > a évolué. Souvent, lorsqu’on veut s’informer sur un sujet d’actualité précis, on regarde une vidéo ou bien on étudie une représentation graphique de données, que ce soit à la place ou en complément d’un article plus long. Par ailleurs, YouTube collecte à chaque seconde 24 heures de contenu vidéo nouveau, tandis que la quasi-totalité des appareils produits sont maintenant équipés de dispositifs d’enregistrement d’images. Cela montre bien à quel point celles-ci jouent un rôle de plus en plus prépondérant dans notre expérience de < lecture >. Au—delà des images optiques, l’augmentation de notre capacité à collecter des données brutes a permis une évolution naturelle vers la représentation de données complexes sous la forme d’images. Les illustrations possèdent un certain potentiel d’attraction et de conviction, et ont le pouvoir de transformer d’ennuyeuses listes de nombres en outils de communication particulièrement édifiants. Mais cette force de conviction suscite aussi bien des critiques. Le risque, c’est que la représentation graphique des données devienne réductrice, et que l’envie de produire une image fascinante s’accompagne d’une perte d’informations. L’importance du contenu se trouverait alors éclipsée par la dimension esthétique, ce qui pourrait tromper le lecteur à un niveau sans précédent. De ce fait, si des images sont amenées à remplacer certains textes longs, il est essentiel qu’elles ne laissent aucune place à une interprétation erronée et qu’elles ne souffrent d’aucune simplification.

Tout ce pessimisme à l’égard des changements que connaissent nos habitudes de lecture — souvent habilement dépeints comme équivalant à < la mort du livre > — paraîtra sans doute insignifiant aux yeux d’une génération qui grandit entourée de nouveaux outils, et n’éprouve que peu d’attachement romantique ou de nostalgie pour le livre imprimé. À chaque fois qu’un nouveau média voit le jour, il se retrouve systématiquement accusé de causer la perte de son prédécesseur. Cela dit, même lorsqu’un média vient en effet à disparaître, il est rare que son essence s’éteigne avec lui. Dès lors, si les livres papier finissent un jour par être remplacés, notre capacité à recueillir l’histoire, à communiquer à l’aide d’un langage écrit et à raconter, elle, survivra.

Une telle évolution, néanmoins, soulève une question plus profonde, à savoir la nécessité de redéfinir le concept d’identité narrative. Notre voix intérieure, ainsi que certaines histoires tirées du monde extérieur, nous permettent d’élaborer le récit linéaire de notre vie, et par là même de construire pour l’essentiel notre propre conscience. Ce récit intérieur reflète ceux que nous rencontrons dans les livres, et tous s’associent pour nous aider à structurer nos propres expériences. Jamais nous n'avons autant lu et écrit qu’aujourd’hui, mais nous le faisons généralement de manière brève et informelle: chaque seconde, ce sont des millions d’e-mails, de textos, de statuts Facebook et de tweets qui sont envoyés. Il se peut que cette fragmentation de la lecture, ou que le caractère saccadé de nos communications, altèrent la façon dont nous construisons notre identité. C ’est pourquoi nous pouvons légitimement nous demander si nos nouvelles pratiques de lecture pourraient, de quelque façon que ce soit, affecter l’image intérieure que nous avons de nous-mêmes, ou notre façon de l’extérioriser.

On a souvent tendance, et c’est bien humain, à vouloir résumer la richesse de notre histoire sous la forme d’un vaste récit fait d’enchaînements chronologiques facilement compréhensibles — ceci entraîne cela, qui entraîne autre chose. Le livre numérique n’est pas tombé du ciel pour venir bannir le livre papier. En effet, c’est une forme qui s’est développée sur plusieurs décennies, et qui regroupe des innovations apportées dans une variété de domaines, que ce soit en matière de communication, d’Internet, de caractéristiques techniques, de capteurs, d’imagination, et même de mondialisation. Parallèlement, il suffit de comparer à quel point le langage a lui-même évolué. Le néerlandais, l’allemand et les langues scandinaves, par exemple, ont une origine commune. Elles se sont d’abord séparées en dialectes, puis sont devenues par la suite des langues à part entière, avec leurs propres accents et particularités. À l’époque, une telle évolution prenait des siècles et se faisait par le biais d’une accumulation de petits changements qui s’opéraient sur plusieurs générations et se propageaient au moyen d’une communication à l’échelle locale, alors que de nos jours, elle est accélérée par la fréquence et l’étendue de nos échanges rendus possibles par l’Internet.

À mesure que notre activité informatique est de plus en plus externalisée vers l’Internet ou le cloud, la tendance n’est plus à la < possession >, mais au simple < accès > à l’information. Ce changement n’est pas uniquement de nature technique : il a également certaines implications en matière de comportements humains. La notion de propriété et l’acte d’< offrir > sont profondément ancrés dans notre culture, et peuvent constituer une manifestation tangible du pouvoir et du savoir. Le fait de posséder une vaste bibliothèque est un signe de richesse et d’éducation, tandis qu’un cadeau d’un être aimé est la marque de liens émotionnels forts et devient un souvenir de la relation. Renoncer à l’objet physique qu’est le livre est une étape, mais aller jusqu’à abandonner toute possession du fichier numérique au profit du cloud pourrait être considéré comme un détachement supplémentaire.

Le designer graphique a toujours dû prendre en considération la question du contenu. Or aujourd’hui, une fois écrit et publié, ce contenu agrège encore des informations, des liens et des commentaires et s’intègre à des réseaux multiples tant qu’il reste actif. Les médias numériques sont souvent accusés d’être éphémères, parce qu’ils ne sont rattachés à aucun objet physique produit au moyen d’une impression. Toutefois, grâce à l’accumulation de liens, de commentaires et de métadonnées, une histoire a la possibilité de rester plus longtemps visible et de ne pas disparaître au fin fond d’archives poussiéreuses.

Ainsi, à mesure que le contenu devient une entité plus difficile à définir, l’interactivité joue pour sa part un rôle de plus en plus essentiel dans l’expérience de lecture. Le contenu est plus que jamais lié à la navigation et au design de l’expérience. Le design d’une publication repose sur le savant mélange des deux, si bien qu’il devient impératif d’instaurer une collaboration fructueuse entre les designers graphiques, les designers d’interaction et les développeurs logiciel. Les designers doivent, au minimum, être en mesure de comprendre les possibilités qu’offre la programmation, et mieux encore, savoir programmer eux—mêmes. Nombre des meilleurs exemples de publications numériques sont nés d’une étroite collaboration entre des designers et des développeurs, et ce tout au long du processus de design. Bien entendu, cela entraîne une redéfinition de nos rôles traditionnels, et certaines disciplines qui étaient établies depuis des décennies s’en trouvent alors démantelées ou étendues.

Ce qui nous intéresse au sein de LUST, c’est de brouiller les frontières qui existent entre les différents domaines, par des représentations graphiques et des designs numériques qui remettent en question le rôle du designer au XXIe siècle. Une telle démarche suppose généralement d’élaborer un processus analytique qui mène par la suite à un produit fini capable de produire son propre design. Chaque design évolue en partant d’un concept né d’une recherche approfondie, et les projets se résolvent concrètement par le biais d’une collaboration. La question ne peut plus être résumée à un simple passage < de la main au pinceau puis à la toile > : nous nous déplaçons sans cesse de l’une à l’autre de ces étapes, dans le but de parvenir à quelque chose d’inattendu. Nous reconnaissons que l’exploration de médias peut être une situation instable ou délicate, et nous nous efforçons de développer des projets ou des solutions contribuant à clarifier ces médias. Néanmoins, cela implique de redéfinir notre propre métier: la où un designer graphique < plié > du papier, de même un designer d’information peut-il < plier > des données, ou un architecte < plier > l’espace?

Le rôle du designer est également remis en question dès l’instant où les utilisateurs souhaitent pouvoir modifier et personnaliser le design. L’Internet et le crowdsourcing ont permis d’élever l’amateur à un rang supérieur. C’est pourquoi il est de plus en plus courant de concevoir des plateformes, des frameworks, des habillages ou des thèmes que l’utilisateur peut bricoler à sa guise. Pour preuve, les blogs tels que Tumblr, les flux RSS ainsi que les micro-fils d’actualité tels que Twitter, possèdent tous le charme de la personnalisation. En matière de lecture, la question de la personnalisation met en évidence deux tendances contradictoires : d’un côté nous nous attendons à ce qu’une grande partie des tâches soient automatisées à notre intention, mais de l’autre nous souhaitons aussi avoir la possibilité de personnaliser. Il s’agit là d’un élément que le designer doit également prendre en considération. Quels aspects du design s’avèrent essentiels pour permettre une communication optimale, et quels sont ceux qui sont potentiellement ouverts au changement? Que cela concerne la typographie, la couleur, la mise en pages, la représentation graphique des données ou l’interaction, le design a un effet sur la qualité de l’information. C ’est la raison pour laquelle le contrôle exercé sur le design devrait dépendre de chaque situation particulière.

Cette redéfinition induit certains changements dans l’enseignement du design, qui dans bien des cas se trouve entravé par les modalités pratiques d’une institution et contribue alors à perpétuer des rôles plus traditionnels en la matière. Le design est de nos jours pratiqué dans un monde où les considérations liées aux structures numériques, à l’approche créative de la programmation et aux réseaux sociaux occupent une place fondamentale dans le processus de conception. Travailler dans ce cadre quelque peu complexe requiert sans doute plus de recherche et d’expérimentation que jamais. Le designer contemporain continue de travailler avec un objectif bien précis en tête, et pourtant, la solution de design est devenue plus sensible à l’influence de tierces personnes. Puisque le processus de design a évolué, l’enseignement du design doit lui aussi s’adapter.

Bien que ce changement ne soit pas une avancée aussi considérable qu’il n’y paraît, chaque texte physique a toujours dû combiner design visuel et design d’interaction. Il est difficile de perdre sa page dans un livre imprimé : nous connaissons les conventions de navigation, la numérotation des pages, l’index — autant d’excellents moyens de trouver son chemin à travers l’information lorsqu’elle est présentée sous la forme d’un codex. Dans de nombreuses applications numériques, à l’inverse, ces conventions ont été condensées sous la forme d’équivalents à l’écran, selon toute vraisemblance dans le but de faciliter notre transition vers la lecture numérique. L’imitation du monde physique est un des traits caractéristiques du design d’interfaces graphiques depuis que les interfaces en ligne de commande ont été délaissées. Utilisée avec parcimonie, elle peut améliorer l’expérience, mais dans les faits elle finit souvent par être un obstacle à la réalité de l’outil. Si la tablette électronique n’a pas de pages, elle est toutefois équipée d’un écran tactile, d’accéléromètres et d’une mémoire. Le succès de la lecture numérique repose sur la découverte de solutions utilisant ces fonctionnalités au maximum de leur potentiel, de sorte qu’une expérience de lecture numérique devienne aussi fluide que celle que nous connaissons actuellement avec le livre.

La fluidité de lecture qu’offre le livre est le résultat d’un processus de design qui s’est développé sur plusieurs siècles et s’est appuyé sur une maîtrise de la typographie, de la hiérarchie et de l’espace en vue d’optimiser la lisibilité. Cependant, l’esthétique formelle telle que nous la connaissions auparavant a évolué. Un design visuel doit être suffisamment flexible par rapport au contenu qu’il est censé afficher, et être capable de s’adapter à de multiples plateformes ainsi qu’aux différences en termes d’ordre de lecture. De la même façon que la numérisation de la musique et de la vidéo nous a permis de passer une chanson ou un film, et d’aller rapidement d’un fichier à l’autre, les fonctions de recherche possèdent tout le potentiel nécessaire pour bouleverser la hiérarchie intégrée au sein d’une publication. Ces nouveaux problèmes doivent entrer en ligne de compte dans nos méthodes de design. La lisibilité reste primordiale, mais elle passe par des moyens alternatifs.

Comme nous l’avons dit précédemment, nous sommes à l’heure actuelle confrontés à un volume d’informations considérable. Depuis des siècles, l’organisation et l’utilisation des bibliothèques physiques sont régies par un mode de classification manuel des ouvrages. Or aujourd’hui, ces systèmes ne suffisent plus. Nous avons besoin de moyens plus efficaces pour naviguer a travers toutes nos informations, cette < bulle d’informations publiques > qui ne cesse de grossir. Afin de relever ces défis, nous devons découvrir de meilleurs modes d’exploration et d’organisation des données, et concevoir les outils qui nous permettront d interagir avec elles de manière optimale. Ce que l’on demande à ces innovations, c’est de donner du sens à ces vastes quantités d’informations que nous générons désormais sur nous—mêmes et sur notre environnement.

Grâce à la numérisation et aux avancées en matière d’analyse du texte et de l’image, il est possible d’extraire automatiquement de cette masse de données des informations complémentaires. Ces techniques permettent de mettre en évidence des données que l’homme ne pourrait en aucun cas obtenir par la seule lecture. Elles peuvent être de nature statistique, comme par exemple le nombre de mots, la date de publication ou encore la langue d origine — autant d’éléments qui jouent à notre époque un rôle essentiel dans l’organisation de l’information, et plus particulièrement sur le net. Pour aider l’utilisateur à trouver ce qu’il veut, l’algorithme de recherche de Google a recours à quelque 200 paramètres. On peut imaginer que plus nos fonctions de recherche s’amélioreront, moins nous aurons à stocker d’informations dans notre propre mémoire. Ainsi, peut-être qu’à l’avenir, tout l’art de l’érudition résidera plutôt dans notre capacité à chercher.

Nous étudions actuellement les possibilités d’extension de ces métadonnées. Et nous portons une attention toute particulière aux données qui vont au-delà de la simple information statistique, en l’occurrence au champ de l’analyse sémantique, qui repose sur un processus logiciel permettant d’extraire du < sens > à partir d’un texte. La façon dont l’homme communique à travers le langage naturel est extrêmement sophistiquée, c’est pourquoi ce genre d’analyse s’avère largement plus complexe. En effet, comment un ordinateur peut-il détecter l’ironie, par exemple ?

Avec de bons outils d’analyse sémantique, il est possible d’automatiser de nombreuses tâches, et notre capacité à trier et à stocker les données s’en trouve alors grandement améliorée. Le chercheur d’information en tant que < flâneur > tel qu’il a été décrit par des scientifiques de l’Université de Calgary1 1 Marian Dörk, Sheelagh Carpendale et Carey Williamson, < The Information Flaneur: A Fresh Look at Information Seeking >, dans CHI 2011 : Proceedings of the SIGCHI Conference Human Factors in Computing Systems, New York, ACM, mai 2011, p. 1215-1224 (consultable à l'adresse < http://mariandoerk.de/informationflaneur/chi2011.pdf >). place l’interaction humaine au cœur de la recherche d’informations, encourageant des techniques qui vont au—delà de simples liens textuels dans un navigateur. Dans nos premières expérimentations, nous avions eu recours à certains outils afin de déterminer la polarité d’articles d’actualités provenant de sources diverses. Le texte était exploré à la recherche des mots les plus importants, puis classé selon une échelle allant du positif au négatif.

C’est ce genre de techniques sémantiques que nous réutilisons actuellement dans notre projet en cours intitulé Res Sapiens, dans lequel des objets nous restituent des informations par des moyens physiques. Ce projet illustre l’expansion de l’Internet au-delà des ordinateurs de bureau et des ordinateurs portables que nous utilisons aujourd’hui — souvent décrite comme l’< Internet des objets > (Ido) ou l’< intelligence ambiante >. Cet Internet des objets met en évidence l’évolution de notre interaction avec des ordinateurs qui sont amenés à être de plus en plus variés et de plus en plus intégrés dans notre quotidien, étendant de fait les capacités d’Internet a notre monde tangible. L’analyse sémantique nous permet de passer l’information au crible, de façon à déterminer ce qui peut être utile à l’individu. Ainsi, grâce à l’Ido, nous pourrions recevoir ces informations filtrées de manière plus humaine, en passant par notre environnement et non plus par l’écran.

S’il est possible de prédire l’évolution de la communication non verbale, on ne peut toutefois pas la contrôler. La technologie (ou plus simplement, le changement) n’entraînera pas la mort de la lecture ou de l’écriture, mais elle a évidemment déjà contribué à leur évolution, et continuera de le faire, par la création de nouvelles formes de narration. Qu’il s’agisse de l’iPad ou de l’Internet des objets, ce qui fait le succès de ces nouvelles formes, c’est leur design. En réalité il ne s’agit pas tant, comme le suggère le titre de ce texte, de < la fin du mot tel que nous le connaissons >, que de l’évolution du mot tel que nous l’utilisons.